Quatre jours passé dans un petit village niché au coeur des montagnes du Djurdjura. Quatre jours à emprunter des routes ( et parfois des pistes ) en tire-bouchon
pour tout déplacement : faire les courses, télephoner aux amis restés en France, se rendre aux mariages. L' Inhospitalière qui nous défend de décoller son regard d'elle lorsque au
travers des vitres du 4x4, elle nous déploit son immense robe faite de montagnes, de petites maisons collées les unes aux autres ( configuration typique des villages de Grande Kabylie), de brume
et de perles lumineuses à la nuit tombée, quand le vent de la montagne se fait plus entendre que jamais.
Il est temps désormais de rejoindre Béjaia. La route sera longue, bien qu'avec mon père, nous avons privilegié l'itinéraire le plus rapide possible. Nous passons donc par le village de Tizit
situé à un peu plus de 1300 mètre d'altitude. Je pose une dernière fois mon regard sur les mémorials de Tizit et Taourirt Amros : d'imposant blocs de marbre de couleurs or et vert où l'on a
sculpté un signe de l'Homme libre couplé à une carte en relief de l'Algérie. Désormais nous sommes sur le chemin de la wilaya de Bejaia.
Si vous ne connaîssez pas la région, il est aisé de vous y perdre tant les panneaux d'indication ( d'entrée ou de sortie de commune ) font défaut, mais pour nous ça ira. la route que nous avons
choisi d'emprunter est en mauvais état mais assez pittoresque, et nous ne nous attardons pas sur sa difficulté d'accès. la route est descendante et nous devons rouler lentement. Bien que cet axe
soit peu fréquenté, un accident est vite arrivé. Après vingt minutes de trajet, nous arivons à Elma ( certains pronnoncent "Alma" ), signe que nous sommes arrivés dans la wilaya de Béjaia.
Ce charmant village, voisin de Ighil Oudles, est situé dans une région très verdoyante, visiblement à l'abri des pénuries d'eau. Détail amusant, une maison traditionnelle restaurée de la plus
belle des manière, en brique rouge.
La route se poursuit dans un paysage de forêt , très vert et la chaîne du Djurdjura ne quittent pas nos yeux. Nous arrivons maintenant dans la région d'Ifri. Une région d'immenses collines,
habituellement très vertes, mais la sécheresse et les incendies de cet été ont considérablement changés leur aspect. Nous continuons de descendre, on traverse le village paisible, où se trouve un
musée des martyrs. Un quart d' heure plus tard nous nous trouvons dans la ville. Nous passons à coté d'un petit immeuble blanc où plus tard, on y placardera une grande affiche de la marque
de boisson locale présentant un portrait d'une fille kabyle parée de bijoux traditionnels.Un peu plus loin se trouve la commune voisine d' Ighil Amokrane, constituant la dernière étape
"djurdjurassique". Nous allons bientôt rejoindre la route nationale.
Sur la route national, nous passons par Chemini,Sidi Aich, Oued Soummam, Sidi Ayad. Nous poursuivons notre trajet paisiblement. Une demi heure plus tard nous sommes déja El Kseur.
La région est assez industrialisé et on y voit même des chemin de fer . Nous prenons une route bordée d'arbre, où le soleil pénètre difficilement. Nous approchons de Béjaia.Mais avant , il faut
passer par d'autres bourgs : Mellala, Oued Ghir, Ibacherene, Ibourassene... peu après le pont menant à Djidjel, on peut déja appercevoir la pointe d' Imma Gouraya. Ca y'est nous y sommes !
Mes main tremblent : la ville que je n'ai pas vu depuis dix se montre enfin à moi. Mon regard se ballade de gauche à droite : les banderoles patriotiques, les arbres, les gendarmes qui régulent
une circulation trop dense, la mosquée de El-Qods... Rien n'a changé.
Comme dans mes souvenirs.
Village de Tizit. A droite : le mémorial